Tanguy Gervois et son Albi-Joie !

Tanguy Gervois 1er NPC Albi

On pourrait être tenté de commencer un article sur Tanguy par « Tanguy Gervois, qu’on ne présente plus », mais ce serait se simplifier la tâche. L’exercice demande un petit effort supplémentaire : aller au contact de l’homme, le rencontrer, respirer le même air que lui dans son colombier, voir à quelles contraintes géographiques l’amateur et ses bêtes sont exposés. Bref, passer de la fiction à la réalité…

Car Tanguy est désormais connu en France : il fait partie des meilleurs amateurs de la première région et du pays. Il brille chaque saison sur les podiums des championnats fédéraux et nationaux, mais il gagne vraiment à être connu au-delà de ça.

Championnat de France toutes catégories :
7° en 2025
3° en 2024
3° en 2023
2° en 2022
2° en 2021
1° en 2020
2° en 2018
5° en 2019

Sous des abords discrets, Tanguy est un jeune homme qui avance parfaitement dans la vie. À 29 ans, charcutier-traiteur de formation, il veille depuis peu seul à la destinée de son entreprise d’une dizaine de salariés. Il se lève tôt, travaille beaucoup, et réussit malgré tout des prouesses au concours.

Passionné depuis son plus jeune âge, il n’a croisé que trop rapidement son grand-père, charcutier et colombophile. Mais l’ami de la famille, Francis Devillers, voyant son intérêt pour « la chose », lui a proposé de venir voir ses pigeons… Le poisson était ferré !

Il a joué jeune, mais la passion et l’apprentissage se sont un peu télescopés. Il a donc fallu attendre son retour pour qu’il s’attaque sérieusement à la colombophilie.

Et sérieux, Tanguy l’est. Il est aussi organisé, discipliné, attentif… Bref, il a ce qu’il faut où il faut pour réussir.

Pedigree du vainqueur_24-0337954

 

S’agissant des pigeons, il a eu tout aussi vite ce qu’il fallait, sous le haut patronage de Bernard Fusillier et de l’ami Francis Devillers qui, amoureux des « belles origines », cultivait entre autres les Roosens et les Cobut. Tanguy y a ensuite introduit les Dany Dussaussoit et, plus récemment, les Verkerk B&G. Il joue également chaque année quelques jeunes de son copain et néanmoins concurrent Alexandre Margris. Le tout avec succès, évidemment, sinon nous n’en parlerions pas…

Tanguy ouvre donc les annonces sur PIR3 et s’adjuge les premières places aux championnats nationaux et fédéraux. Mais il vient de remporter une victoire dont il est le premier surpris : « Je n’ai jamais joué aussi loin (720 km). Il est arrivé en pleine ligne, je me suis dit qu’il venait peut-être de réaliser un coup. » Il avait raison.

Sur Albi, ce beau mâle bleu de 2024, aux trois quarts Bernard Fusillier et un quart Bernard Derollez, a été le premier à s’inscrire sur les annonces et il n’a jamais été dépassé. Beau pigeon, au gabarit moyen, léger à la prise en main, équilibré et solide… Rien à jeter.

A-t-il déjà reproduit quelque chose de valable ? Non !

Faute de temps, m’explique Tanguy, les voyageurs — plus ou moins 40 couples, yearlings compris — sont mis en ménage sans attention particulière. Il met 40 femelles au milieu de 40 mâles, et le grand architecte, ou autrement dit dame Nature, s’occupe du reste : les bagarres, quelques œufs cassés… Il élève parmi les voyageurs, mais admet qu’il y a moyen de mieux optimiser.

Veuvage avec les deux sexes, mais les partenaires restent à la maison : pour les femelles, les partenaires, ce sont les mâles reproducteurs. Vingt couples de reproducteurs, une bonne centaine de jeunes, et vous avez fait le tour du cheptel. La sélection : simple, 70 % de prix…

Ça faisait longtemps que je voulais faire la visite du colombier Gervois ; Albi Hauts-de-France m’en a donné la bonne occasion. J’en suis sorti vraiment satisfait, mais avec un léger tournis. Satisfait, parce que le jeune maître des lieux est un type normal, sain, sympa, heureux des réussites de ses pigeons, mais plein d’une hésitante humilité. Le tournis, parce qu’en plus d’être charcutier-traiteur et coulonneux émérite, il est aussi équilibriste : la visite se fait d’une échelle de meunier à une échelle verticale — et ça, pour moi, c’est une vraie épreuve.

Félicitations Tanguy, on se retrouve bientôt pour fêter tes titres 2026.

Fréderic Lefèvre

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